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Obligations diversifiées

Des titres de dette d’États et d’entreprises. Un rendement supérieur aux supports garantis, un amortisseur utile face aux actions, mais une sensibilité réelle aux taux.

Risque : modéréHorizon : moyen terme

Définition de la classe d’actifs

Une obligation est un titre de dette. En achetant une obligation, l’investisseur prête de l’argent à un émetteur pendant une période déterminée. Cet émetteur peut être un État, une collectivité publique, une banque, une entreprise ou une institution internationale.

En contrepartie, l’émetteur s’engage généralement à verser des intérêts, appelés coupons, puis à rembourser le capital à l’échéance. Certaines obligations ne versent pas de coupon régulier. Leur rendement provient alors de la différence entre leur prix d’achat et leur valeur de remboursement.

Il faut distinguer le taux du coupon et le rendement réel de l’investissement. Une obligation assortie d’un coupon de 3 % n’offre pas nécessairement un rendement de 3 %. Le rendement dépend aussi du prix payé, de la durée restant jusqu’à l’échéance, du risque de défaut, des frais et, le cas échéant, de la fiscalité.

Par exemple, une obligation remboursable 100 euros et versant un coupon annuel de 3 euros peut être achetée 95 euros, 100 euros ou 105 euros sur le marché secondaire. Son rendement sera différent dans chacune de ces situations.

Fonction économique

Les obligations permettent aux États et aux entreprises de financer leurs besoins sans recourir exclusivement au crédit bancaire ou à une augmentation de capital. Elles servent notamment à financer les infrastructures, les investissements, les acquisitions, la transition énergétique, la gestion de la trésorerie ou le refinancement d’anciennes dettes.

Pour l’investisseur, elles permettent de transformer une épargne disponible en financement de l’économie, avec une rémunération normalement définie à l’avance ou calculée selon une formule connue.

Les principales familles comprennent les obligations d’État, les obligations d’entreprises bien notées, dites investment grade, les obligations à haut rendement, les obligations indexées sur l’inflation, les obligations à taux variable, les obligations convertibles et les obligations subordonnées. Ces catégories présentent des niveaux de risque très différents. Le mot « obligation » ne signifie donc pas automatiquement « placement prudent ».

Rôle dans une allocation patrimoniale ou institutionnelle

Dans une allocation, les obligations peuvent produire des revenus, réduire la volatilité globale, diversifier le risque actions et préparer une dépense future connue. Elles peuvent aussi servir à ajuster la sensibilité du patrimoine aux taux d’intérêt ou à rapprocher la durée des actifs de celle des engagements futurs.

Pour un particulier, une poche obligataire peut contribuer à stabiliser un portefeuille composé d’actions, d’immobilier et de liquidités.

La diversification n’est toutefois pas garantie à chaque période. Les actions et les obligations peuvent baisser simultanément, notamment lorsque l’inflation surprend fortement à la hausse et conduit les banques centrales à relever rapidement leurs taux.

Quel est le niveau de risque ?

Le risque dépend d’abord de la qualité de l’émetteur. Une obligation d’un État financièrement solide n’a pas le même profil qu’une dette d’entreprise très endettée. Plus le risque de non-remboursement est jugé élevé, plus le rendement demandé par le marché est normalement important.

Le risque de crédit correspond à la possibilité que l’émetteur ne paie pas un coupon, rembourse avec retard ou ne rembourse qu’une partie du capital. Les notations attribuées par les agences spécialisées peuvent servir d’indicateur, mais elles ne constituent ni une garantie ni une prévision infaillible.

Le risque de taux est également essentiel. Lorsque les taux de marché montent, les obligations déjà émises à des taux plus faibles perdent généralement de la valeur. Lorsque les taux baissent, elles prennent généralement de la valeur.

Une obligation détenue jusqu’à son échéance peut réduire l’importance des fluctuations intermédiaires, sous réserve que l’émetteur rembourse effectivement et que l’investisseur n’ait pas besoin de vendre avant cette date. Une moins-value temporaire peut donc ne pas devenir une perte définitive, mais elle représente néanmoins un coût économique et un risque de liquidité.

Il faut aussi considérer le risque de change lorsque l’obligation est libellée dans une autre devise, le risque de liquidité, le risque de remboursement anticipé, le risque juridique et, pour les obligations subordonnées ou convertibles, les clauses particulières susceptibles de modifier fortement le résultat final.

Quel rendement peut-on espérer ?

Le rendement potentiel d’une obligation provient des coupons, de l’écart entre le prix d’achat et le prix de remboursement, ainsi que d’une éventuelle plus-value lors d’une revente.

En principe, le rendement attendu augmente avec la durée, le risque de crédit, le manque de liquidité ou la complexité du titre. Un rendement très supérieur à celui du marché doit donc être interprété comme le prix d’un risque plus élevé, et non comme une anomalie favorable sans contrepartie.

Les obligations d’émetteurs solides offrent généralement un rendement attendu inférieur à celui des actions sur longue période, mais avec une volatilité habituellement plus faible. Les obligations à haut rendement peuvent se comporter partiellement comme des actions pendant les crises, car leur risque principal devient alors la solvabilité des entreprises.

Le rendement à l’échéance constitue un indicateur utile pour une obligation classique, mais il suppose notamment le maintien du titre jusqu’à son terme, le paiement de tous les flux prévus et, dans son calcul théorique, le réinvestissement des coupons à un taux comparable.

Pour un fonds obligataire, il n’existe généralement pas de remboursement à une échéance personnelle déterminée. Le gérant remplace progressivement les titres arrivant à échéance. Le rendement futur dépend donc du portefeuille et des frais appliqués.

En cohérence avec le niveau de risque, en général le rendement des obligations est plus élevé que celui d'un fonds euros et moins élevé que celui des actions.

Quelle est la liquidité ?

Les grandes obligations souveraines sont généralement liquides. Certaines obligations d’entreprises, émissions de petite taille ou dettes à haut rendement peuvent être bien moins faciles à négocier.

La liquidité apparente peut diminuer en période de tension. L’investisseur peut alors être contraint d’accepter un prix sensiblement inférieur à la valeur théorique pour vendre rapidement.

Les fonds et les ETF obligataires offrent une facilité opérationnelle et une diversification que l’achat de quelques obligations en direct ne permet pas toujours. Cette liquidité du support n’élimine cependant pas le risque des actifs détenus. En situation exceptionnelle, les écarts entre prix d’achat et prix de vente peuvent s’élargir.

Quelle est la volatilité ?

La volatilité varie fortement selon la durée et le risque de crédit. Les obligations d’État à court terme sont généralement peu volatiles. Les obligations longues peuvent connaître des baisses importantes lorsque les taux montent. Les obligations à haut rendement et certaines dettes émergentes présentent une volatilité supérieure, surtout pendant les ralentissements économiques.

Quel horizon de placement recommander ?

À court terme, soit approximativement moins de trois ans, la priorité devrait être donnée à une qualité de crédit élevée. Une obligation longue serait mal adaptée à une dépense proche, car son prix peut fortement varier avant la date où l’argent doit être utilisé.

À moyen terme, soit environ trois à huit ans, un portefeuille diversifié d’obligations d’État et d’entreprises bien notées peut être cohérent. La durée moyenne du portefeuille devrait rester proche de l’horizon de l’investisseur. Une stratégie d’échelonnement des échéances peut également réduire le risque de réinvestir tout le capital à un moment défavorable.

À long terme, au-delà d’environ huit ans, l’investisseur peut envisager une diversification plus large. Il doit néanmoins accepter des fluctuations parfois importantes. Pour un objectif de croissance réelle du patrimoine, une allocation exclusivement obligataire risque aussi d’être insuffisante face à l’inflation, surtout après fiscalité et frais.

Comment les obligations réagissent-elles à l’économie, aux taux et à l’inflation ?

Une hausse des taux pénalise habituellement les obligations existantes à taux fixe, mais améliore progressivement le rendement futur des nouveaux investissements et des coupons réinvestis. Une baisse des taux favorise les obligations déjà émises, particulièrement celles dont la duration est longue.

L’inflation réduit la valeur réelle des coupons et du capital remboursé. Les obligations à taux fixe sont donc vulnérables à une inflation supérieure aux anticipations. Les obligations indexées sur l’inflation peuvent offrir une protection partielle, mais leur cours dépend aussi des taux réels et du prix payé.

Pendant une récession, les obligations d’État de bonne qualité peuvent bénéficier de baisses de taux et d’une recherche de sécurité. Les obligations d’entreprises peuvent, au contraire, souffrir de l’augmentation des primes de risque et des défauts.

Pendant une phase de forte croissance, les obligations d’entreprises peuvent profiter de l’amélioration des bilans, mais une remontée des taux peut peser sur les obligations longues. La qualité de crédit et la sensibilité aux taux doivent donc être analysées séparément.

Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Les obligations peuvent apporter des revenus plus prévisibles que les actions lorsque les coupons et l’échéance sont connus. Elles permettent aussi d’organiser les remboursements en fonction de projets déterminés.

Elles offrent un large choix d’émetteurs, de maturités, de devises et de niveaux de risque. Leur intégration dans un portefeuille peut réduire la dépendance aux marchés actions.

L’achat après une hausse des taux peut procurer un rendement de départ plus intéressant qu’avant cette hausse. En outre, une obligation individuelle conservée jusqu’à son terme donne une visibilité sur le remboursement prévu, sous réserve de solvabilité de l’émetteur.

Enfin, les fonds et ETF obligataires facilitent la diversification avec des montants plus faibles et limitent l’impact d’un défaut isolé.

En revanche, le capital n’est généralement pas garanti. Une hausse des taux, une dégradation de la qualité de l’émetteur ou une crise de liquidité peut entraîner une perte.

Les obligations longues peuvent être beaucoup plus volatiles que leur image prudente ne le laisse penser. Une obligation à haut rendement ou subordonnée peut, quant à elle, présenter un risque proche de celui d’un actif risqué.

Le rendement réel peut être faible ou négatif après inflation, fiscalité et frais. Cette question est particulièrement importante dans les enveloppes comportant des frais annuels de contrat auxquels s’ajoutent les frais du fonds.

L’achat d’obligations en direct exige aussi d’étudier les conditions de remboursement, le rang de la dette, la devise, la liquidité, la taille minimale de négociation et la solidité de l’émetteur. Une mauvaise diversification crée un risque de concentration.

Enfin, les fonds obligataires ne garantissent pas une valeur de remboursement à une date choisie. Ils doivent donc être distingués d’une obligation individuelle arrivant à échéance.

Quel véhicule d’investissement privilégier ?

Le CTO

Le compte-titres ordinaire est le véhicule d’investissement le plus souple. Il permet d’accéder aux obligations en direct, aux fonds obligataires et à une gamme généralement étendue d’ETF. Il n’impose pas de blocage lié à la retraite et facilite la vente ou les arbitrages.

Il est particulièrement pertinent pour un horizon court ou moyen, lorsqu’il faut conserver la disponibilité du capital. Il est aussi adapté à l’investisseur qui souhaite construire une échelle d’obligations individuelles avec plusieurs échéances.

Son principal inconvénient est fiscal. Les coupons et les plus-values relèvent de la fiscalité applicable au compte-titres, selon la situation du titulaire et les règles en vigueur. La fiscalité peut intervenir sans attendre un retrait global, contrairement au fonctionnement de certaines enveloppes. Il convient donc de vérifier le régime fiscal au moment de l’investissement.

Pour les obligations, le compte-titres est le meilleur choix opérationnel lorsque la priorité est l’accès à une large gamme de titres, la détention en direct et la liquidité. Il n’est pas toujours le meilleur choix fiscal sur longue durée.

Le contrat d’assurance-vie

L’assurance-vie permet généralement d’investir en fonds en euros et en unités de compte obligataires. Le fonds en euros peut comporter une garantie du capital par l’assureur, selon les conditions du contrat, mais cette garantie doit être appréciée après les frais et dans les limites contractuelles. Les unités de compte obligataires ne sont pas garanties.

L’assurance-vie peut être adaptée à un horizon moyen ou long, notamment lorsqu’une personne souhaite capitaliser, effectuer des arbitrages dans l’enveloppe, préparer des retraits progressifs ou organiser la transmission. Son intérêt dépend fortement de l’ancienneté du contrat, des modalités fiscales applicables, de la clause bénéficiaire et de la situation personnelle.

Ses limites sont la sélection parfois restreinte de supports et l’empilement possible des frais. L’investisseur peut supporter les frais du contrat, ceux du fonds et, quelquefois, des frais d’arbitrage ou de versement. L’accès aux obligations en direct est rarement aussi large que sur un compte-titres.

Pour un profil équilibré disposant d’un horizon moyen ou long et souhaitant associer fonds en euros et unités de compte obligataires, l’assurance-vie constitue généralement le véhicule d’investissement le plus équilibré. Cette conclusion suppose un contrat compétitif, des frais maîtrisés et des supports de qualité.

Le PER assurance

Le PER assurance est destiné en priorité à la retraite. Les versements peuvent, selon le compartiment concerné et la situation fiscale de l’épargnant, procurer un avantage fiscal à l’entrée. En contrepartie, l’épargne est normalement indisponible jusqu’à la retraite, à l’exception des cas légaux de déblocage anticipé.

Ce véhicule d’investissement peut contenir un fonds en euros et des unités de compte obligataires. Il peut donc convenir à une allocation qui devient progressivement plus prudente à l’approche de la retraite.

Le PER assurance est pertinent lorsque l’horizon correspond réellement à la retraite et que l’économie d’impôt à l’entrée présente un intérêt. Cette économie n’est pas un rendement gratuit : la fiscalité à la sortie, le niveau d’imposition futur, les frais et les modalités de retrait doivent être étudiés ensemble.

Pour un objectif obligataire de court ou moyen terme sans lien direct avec la retraite, il n’est pas optimal en raison de son indisponibilité. Pour préparer la retraite sur un horizon long, il peut en revanche devenir le meilleur véhicule d’investissement parmi ceux étudiés, notamment si le contrat est peu coûteux et l’avantage fiscal utile.

Le PER bancaire

Le PER bancaire fonctionne sous la forme d’un compte-titres. Il peut offrir une gamme financière large et permettre, selon le teneur de compte, un accès plus direct à des fonds, ETF ou titres obligataires.

Il ne comporte pas de fonds en euros ni de garantie assurantielle attachée à ce type de support. L’épargne reste exposée à la valeur des actifs détenus. Son traitement en cas de décès et son fonctionnement patrimonial diffèrent également de ceux d’un PER assurance.

Le PER bancaire peut être intéressant pour un investisseur autonome, recherchant un choix étendu, des frais de supports maîtrisés et une gestion financière en compte-titres. Son intérêt dépend cependant de l’offre réellement disponible, certains établissements proposant une gamme réduite.

Pour un profil équilibré souhaitant sécuriser progressivement l’épargne retraite, il est généralement moins polyvalent qu’un PER assurance en l’absence de fonds en euros. Il ne doit pas être considéré comme un produit à éviter dans l’absolu, mais plutôt comme un véhicule d’investissement spécialisé destiné à un investisseur qui accepte une gestion intégralement financière.

Conclusion : le mieux, le possible et le véhicule d’investissement à éviter selon l’objectif

Pour un profil équilibré avec un horizon moyen ou long et un objectif patrimonial général, le contrat d’assurance-vie apparaît comme le véhicule d’investissement le plus polyvalent. Il permet de combiner une poche prudente en fonds en euros, lorsqu’elle est disponible, et des unités de compte obligataires diversifiées. Son intérêt doit toutefois être confirmé par les frais et la qualité du contrat.

Le compte-titres ordinaire est tout à fait possible et peut même devenir le meilleur choix lorsque la disponibilité du capital, l’achat d’obligations en direct ou l’étendue de l’univers d’investissement sont prioritaires. Il est particulièrement cohérent pour un horizon court ou pour construire des échéances précises.

Le PER assurance devient le véhicule d’investissement recommandé lorsque l’objectif principal est la retraite, que l’horizon est long et que la déduction fiscale à l’entrée est pertinente. Il est en revanche peu adapté à une épargne susceptible d’être utilisée avant la retraite.

Le PER bancaire est possible, mais généralement moins optimal pour un profil équilibré recherchant un support sécurisé comparable au fonds en euros. Il peut convenir à un investisseur autonome qui privilégie les ETF, les fonds obligataires et une architecture financière plus ouverte.

Le véhicule d’investissement à éviter est donc celui qui crée une contradiction avec le besoin. Pour un objectif disponible à court terme, il faut éviter le PER, qu’il soit assurantiel ou bancaire. Pour une préparation exclusive de la retraite, il serait réducteur d’écarter le PER sans comparer son avantage fiscal, ses frais et sa fiscalité de sortie.

La cohérence finale repose sur quatre éléments : la date à laquelle l’argent sera nécessaire, la tolérance à une baisse temporaire, le niveau de fiscalité actuel et futur, ainsi que le coût total du véhicule d’investissement et des supports. Le choix de l’enveloppe ne doit jamais compenser une obligation trop risquée ou mal adaptée à l’horizon.